
Photographe, écrivain, critique, et journaliste Français, Alain est ce des hommes pour qui le travail est avant tout une passion. Son œuvre, à la fois exhaustive et accessible, est une sorte de bible du rock’n roll. Il retrace l’histoire du mouvement et de la contre culture qui l’accompagne, depuis la déferlante hippie des sixties jusqu’aux années 2000, héritières d’une culture aux multiples métamorphoses.
Alain est né à Lyon le 25 décembre 1941 soit trois semaines après Pearl Harbor. Il commence à voyager jeune, en Afrique pour commencer, là ou son père est expatrié. Ce n’est qu’au milieu des années 60 qu’il foule la terre du pays qui changera sa vie. Aux USA, il découvre le rock, la mouvance hippies ainsi que leur idéologie pacifiste contestataire et leur gout pour les psychotropes. Passionné par ce qu’il découvre, il se met à photographier ces révolutionnaires d’un nouveau genre et à écrire à leur sujet Pour le Magazine rock & folk.
De retour en France à la fin des année 60, il se met à travailler intensivement sur le sujet. Il collabore de plus en plus avec la presse rock, expose ses photographies, participe à des émissions radio, des documentaires. C’est également à cette période, jouant de la notoriété qu’il a acquise, qu’il commence à écrire des biographies d’artistes tels que Jimi Hendrix, les Beatles, Franck Zapa, les Pink Floyd, Led Zeplin ou encore Grateful dead et The Cure. Ce travail lui permet d’approcher ces légendes du rock, de les voir sur scène, en loge et dans leur quotidien. A cette époque, la prétention était laissé de côté. Les artistes étaient des activistes, porte parole d’une génération et non pas des connards assoiffés de fric. Il était donc possible de devenir ami avec et c’est ce qui est arrivé à Alain. Il a ainsi pu voir ces icônes sous un autre jours que celui des projecteur, les photographier dans leur intimité, dans leur vie de tous les jours. Une approche qui à ses yeux est bien plus intéressante et profonde.
Après le rock, il continuera dans les années 90 à photographier ceux qui sont pour lui les hérités lointain de la beat génération et des hippies. Aux cours de ses voyages il immortalisera les teuffeurs habitués des raves, les punks vivants en marge du système et la jeunesse désabusée en général.
L’œuvre photographique de Alain rend compte de la réalité d’une époque. Alors que le monde est en plein Boom économique, la jeunesse rejète un modèle capitaliste qu’elle juge trop injuste. Le portrait qu’Alain fait de cette nouvelle génération en marge, qu’elle soit “peace and love” ou “no futur” nous montre que nous sommes encore bien loin du monde “tout beau tout propre” imaginé en 44 à Bretton Woods. Les guerres existent encore au même titre que la pauvreté et l’intolérance. Alain est bien plus que le photographe d’un mouvement culturel et musical, il est celui d’un mouvement social révolutionnaire.
Alain diester est décédé le 2 juin 2008. L’homme part, son oeuvre reste.




























